Le gouvernement américain pourrait forcer Google à vendre le navigateur Chrome

Le gouvernement américain pourrait forcer Google à vendre le navigateur Chrome

par Yohann Poiron le 13/10/2020

Dans le cadre de leurs plans visant à réduire les mastodontes technologiques, le ministère américain de la Justice (DoJ) et plusieurs procureurs généraux du pays enquêteraient sur Google pour d’éventuelles violations des règles antitrust. Il semble également qu’ils examinent la légalité de la vente du populaire (pour ne pas dire hyper dominant) navigateur Web Chrome, qui détient environ 70 % des parts du marché mondial des navigateurs pour les ordinateurs de bureau.

Si les agences vont jusqu’au bout de leur plan, ce serait la première fois depuis des décennies que le gouvernement américain ordonnerait la dissolution d’une entreprise américaine. Le DoJ serait également en train de préparer un procès antitrust accusant Google d’abuser de sa position dominante sur le marché de la recherche pour nuire à ses petits concurrents. Selon Politico, l’agence pourrait intenter cette action en justice dès la semaine prochaine.

La nouvelle arrive quelques jours après que les dirigeants démocrates de la Commission judiciaire de la Chambre des représentants des États-Unis aient publié un rapport cinglant sur l’état du secteur technologique dans le pays, alléguant que Amazon, Apple, Facebook et Google ont systématiquement abusé de leurs pouvoirs quasi-monopolistiques dans leurs secteurs respectifs et ont exigé des changements radicaux dans la structure de ces entreprises, y compris l’éclatement de leurs activités et la difficulté d’acquérir de plus petits concurrents à l’avenir.

Les enquêtes antitrust sont devenues une partie intégrante de la vie de Google au fil des ans, ayant fait l’objet de diverses enquêtes pour abus présumé de sa position dominante non seulement sur le marché des navigateurs Web, mais aussi sur celui de la recherche et d’Android.

Bien qu’il ne soit pas directement impliqué dans l’activité publicitaire de Google, il est difficile de nier que Chrome contribue énormément à la position et à l’influence de Google sur le Web.

Pour le bien ou le mal du Web ?

En tant que navigateur le plus utilisé aujourd’hui, les sites Web doivent respecter les règles que Google impose par le biais des fonctionnalités de Chrome ainsi que par des campagnes et des coalitions « sectorielles ». Cela permet à Google de faire avancer sa propre plateforme publicitaire en tant que mise en œuvre de référence pour le comportement des annonces.

Cela dit, l’affaire du DoJ ne sera pas facile, surtout si les procureurs généraux des États estiment que le gouvernement n’est toujours pas prêt pour une bataille juridique avec le géant de la technologie. Google sera également confronté à une bataille difficile, surtout si la proposition de vendre Chrome est présentée. Cependant, la firme pourrait faire valoir que perturber cette partie de ses activités pourrait s’avérer destructeur pour le Web, étant donné le nombre d’entreprises, d’applications et de services qui ont été liés non seulement au navigateur web Chrome, mais aussi à Chrome OS ainsi qu’à sa base open source Chromium.