Discord devait enclencher un déploiement mondial de son système de vérification de l’âge dès mars 2026. Finalement, Discord vient de confirmer un report à la seconde moitié de 2026, après une vague de critiques sur la vie privée — notamment autour des scénarios perçus comme « face scan + upload d’ID » par défaut.
Dans son article « Getting Global Age Assurance Right », Discord reconnaît avoir « raté le coche » côté communication et dit vouloir « faire les choses correctement » avant d’étendre le dispositif à l’échelle mondiale.
Trois engagements ressortent :
- Plus d’options de vérification que le duo photo/ID (ex. méthodes « non-ID » comme des contrôles carte bancaire, mentionnés dans les reprises presse).
- Plus de transparence sur les prestataires (qui fait quoi, comment, et avec quelles garanties).
- Publication d’une documentation technique détaillée (méthodologie, catégories de signaux, contraintes privacy) avant l’expansion globale.
Discord réaffirme aussi un point sensible : son estimation d’âge n’utiliserait pas le contenu des messages ni l’analyse des conversations.
« Adolescent par défaut » : l’expérience par défaut restera plus restrictive
Le cadre général, lui, ne change pas : si l’âge ne peut pas être estimé avec confiance, l’utilisateur bascule vers une expérience « plus sécuritaire pour les adolescents » avec des restrictions (et un accès limité à certaines fonctionnalités sensibles tant qu’il n’est pas vérifié). Discord estime que plus de 90 % des utilisateurs ne seraient pas concernés par la vérification explicite grâce à des « signaux de compte » (ancienneté, activité, etc.).
Discord insiste : là où la loi impose des contrôles, la plateforme continuera à s’y conformer même pendant la période de report.
Persona : Discord prend ses distances
Le timing du recul n’est pas anodin : des articles ont ravivé les inquiétudes autour de certains vendors d’age verification (dont Persona) et de la sensibilité des données collectées. Discord affirme avoir pris ses distances et vouloir durcir ses standards fournisseurs.
Le report à H2 2026 ressemble moins à un abandon qu’à une réécriture du contrat de confiance. Discord a besoin d’un système robuste pour répondre aux régulateurs, mais il ne peut pas se permettre un outil perçu comme un aspirateur à biométrie. La prochaine bataille ne sera pas technique : elle sera pédagogique. Et si Discord tient sa promesse de transparence (docs, vendors, options), il pourrait transformer une crise en standard… sinon, il risque d’installer durablement l’idée que « vérification d’âge » rime avec « surveillance ».
