Pendant des années, le haut de gamme Android a vécu au rythme d’un calendrier presque immuable : un SoC phare, puis une vague de flagships, puis — bien plus tard — les « Ultra » qui arrivent comme la cerise premium. Sauf qu’en 2026, cette mécanique commence à grincer.
Selon Digital Chat Station (DCS), les marques chinoises, comme OPPO et vivo, s’apprêtent à resserrer leurs lancements et surtout à clarifier enfin ce que veulent dire « Pro Max » et « Ultra » — non pas en marketing, mais en choix de puce.
Un calendrier qui se contracte : septembre devient la nouvelle ligne de front
Dans une précédente série de messages, DCS expliquait déjà que la fenêtre « Ultra en avril » pouvait devenir un mauvais calcul si MediaTek accélère son cycle et si Qualcomm segmente davantage sa gamme. En clair : attendre trop longtemps, c’est risquer de lancer un modèle « Ultra » avec une plateforme déjà remplacée dans l’imaginaire des passionnés.
Cette pression s’appuie sur une tendance lourde : MediaTek envisagerait un lancement plus tôt (septembre) pour son prochain SoC phare, le Dimensity 9600, ce qui permettrait à OPPO ou Vivo — au moins l’un des deux — de sortir un itératif haut de gamme dès septembre, au lieu d’attendre octobre.
La thèse de la source : Pro Max = Dimensity, Ultra = Snapdragon « Pro »
Le cœur de la nouvelle fuite est là : DCS affirme que si OPPO et Vivo adoptent un label « Pro Max », ces modèles seraient taillés pour une plateforme « full-performance » MediaTek, à savoir une série Dimensity 9600 attendue sur un procédé TSMC N2P (2 nm).
En parallèle, DCS avance une segmentation encore plus nette côté Qualcomm : le Snapdragon 8 Elite Gen 6 Pro, identifié en interne comme SM8975, serait plutôt réservé à des « Ultra » orientés photo/vidéo, donc à la vitrine technologique la plus chère et la plus différenciante.
Autrement dit :
- Pro/Pro Max : performance soutenue, volume, efficacité — et potentiellement meilleur rapport « muscle/prix » via MediaTek.
- Ultra : plateforme Qualcomm la plus premium + bataille d’imagerie (capteurs, ISP, traitement, zoom), là où l’argumentaire marketing est le plus rentable.
Cette logique colle aussi au bruit de fond sur le coût du 2 nm : certains observateurs évoquent déjà des arbitrages difficiles chez MediaTek autour du prix des wafers et d’une stratégie potentiellement à plusieurs variantes.
Pourquoi ce découpage est stratégique (et pas juste « Pro Max = plus grand »)
Si DCS a raison, on assiste à une évolution intéressante : les suffixes ne décriraient plus seulement la taille ou la batterie, mais une intention produit. En effet, le « Pro Max » deviendrait le modèle qui doit tenir la charge : performances constantes, gaming, multitâche, chauffe sous contrôle — typiquement ce que MediaTek veut incarner face à Qualcomm dans le haut du panier.
L’« Ultra » resterait le terrain de la surenchère caméra : modules plus ambitieux, traitement plus agressif, et parfois des choix matériels plus coûteux qui justifient un ticket d’entrée encore plus haut.
Cette segmentation est d’autant plus crédible que l’industrie prépare une nouvelle vague de flagships et que le 2 nm devient un marqueur de prestige — au point que les rumeurs se multiplient sur les options de fabrication, y compris côté Qualcomm.
Le « H » et le « MH » : Huawei, Honor… et l’effet Pro Max déjà enclenché
DCS évoque aussi des marques sous l’ombrelle « OV » (OPPO/Vivo) et « H » (souvent lu comme Honor), en ajoutant qu’un acteur « MH » aurait déjà dégainé un Pro Max dans la génération actuelle — interprété par certains comme Huawei. Et, de fait, des sources média rapportent déjà l’existence d’un Mate 80 Pro Max lancé en Chine fin 2025, ce qui rend cette lecture plausible.
Si ce scénario se confirme, 2026 pourrait être l’année où :
- Septembre devient le mois clé des flagships chinois (en miroir de l’iPhone).
- Le label Pro Max devient un vrai « palier » de performance.
- Les Ultra se recentrent encore plus sur l’imagerie… avec une plateforme Qualcomm distincte.
Ce n’est pas encore une feuille de route officielle — et elle dépendra des rendements, des coûts et des disponibilités du 2 nm — mais l’idée est cohérente : dans un marché où les cycles s’accélèrent, le luxe, c’est aussi le timing.
