À mesure que l’iPhone devient une machine à photo, à vidéo… et à IA, une variable revient hanter l’équation : la mémoire. Selon des fuites venues de Corée du Sud, Apple pourrait laisser les prix d’entrée stables sur certains iPhone 18, tout en augmentant progressivement les tarifs des versions 512 Go et 1 To — une hausse qui ne dirait pas son nom, mais que votre panier ressentirait très vite.
À l’origine de la rumeur : le leaker yeux1122, qui s’appuie sur des notes attribuées à de grands établissements financiers (Citigroup, Bank of America, J.P. Morgan Research) pour expliquer une logique simple : le coût de la RAM et de la NAND grimpe, et Apple chercherait à protéger ses marges… en déplaçant l’effort vers les configurations hautes.
La mécanique évoquée ressemble à une stratégie déjà vue dans d’autres industries : ne pas toucher au ticket d’entrée (psychologiquement sensible), et monétiser la montée en gamme — surtout quand l’écart de coût réel entre paliers n’est pas proportionnel à l’écart de prix.
Le nerf de la guerre : DRAM, NAND… et la pression de l’IA
La toile de fond, elle, est bien réelle : la demande liée aux serveurs IA et aux datacenters exerce une pression croissante sur la chaîne d’approvisionnement mémoire, avec des alertes répétées sur les tensions et l’inflation des composants.
Et Apple, fait notable, a déjà reconnu publiquement un vent contraire sur ces coûts. Dans la transcription de l’appel de résultats (Q4 2025) publiée par Six Colors, le CFO Kevan Parekh répond à une question sur l’inflation mémoire : il évoque une pression sur les prix de la mémoire et un coût de structure un peu plus élevé sur certains nouveaux produits, tout en insistant sur la capacité d’Apple à gérer ses coûts.
Autrement dit : même avec une puissance de négociation exceptionnelle, Apple n’est pas totalement immunisé si le cycle mémoire se tend fortement.
La “taxe sur le stockage” comme levier stratégique
Si la fuite se confirme, le point le plus intéressant n’est pas “l’iPhone augmente”. C’est où il augmente. Garder les modèles de base au même prix permet d’éviter le choc médiatique et de préserver le volume. Augmenter les modèles de 512 Go et 1 To revient à capter une clientèle déjà prête à payer plus (photo/vidéo, créateurs, pros, “power users”), souvent attachée aux modèles Pro. Et surtout, cela installe une forme de taxe au stockage : à mesure que les usages (vidéo 4K/8K, ProRes, jeux, IA on-device) gonflent, l’utilisateur est incité à monter en stockage… et donc à payer davantage.
Cette stratégie peut aussi servir un autre objectif : réorienter la demande vers certaines configurations plus rentables, tout en laissant intacte la promesse “à partir de…”. Sur un marché smartphone mature, où la croissance se gagne davantage par l’ARPU que par le volume, c’est un levier puissant.
Payer plus… ou arbitrer autrement
Côté consommateurs, trois scénarios se dessinent :
- Vous restez sur le palier d’entrée (et vous compensez avec iCloud, ou une gestion plus stricte des médias).
- Vous montez en stockage — et vous subissez une hausse qui peut sembler disproportionnée.
- Vous décalez votre achat (ou vous attendez les promotions), surtout si la génération 18 n’apporte pas de rupture perçue.
Apple pourrait tenter de “rationaliser” cette hausse par des avancées produit. Les rumeurs techniques autour des iPhone 18 Pro mentionnent notamment une puce A20 (procédé 2 nm) et des évolutions de design (Face ID sous l’écran, caméra frontale déplacée), ainsi qu’une piste de diaphragme variable côté photo — autant d’éléments qui, s’ils se concrétisent, peuvent rendre une hausse plus acceptable pour une partie du public.
À noter aussi : plusieurs sources évoquent un changement de calendrier où Apple lancerait d’abord les modèles premium (Pro/Pro Max et un éventuel iPhone pliant) à l’automne 2026, puis des modèles plus accessibles en 2027. Si cette stratégie se confirme, elle pourrait accentuer la perception d’une montée en gamme (et donc d’une montée des prix “par le haut”).
